* UNE PERLE DANS UN ECRAN DE NEIGE

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A moins d’une heure de Grenoble, au cœur de l’Oisans septentrional, se dresse l’altière et flamboyante chaîne des Grandes Rousses. Un petit paradis pour le ski.

Villard-Reculas est un petit village de la vallée de l’Eau d’Olle dominé par l’immense domaine skiable des Grandes Rousses. Perché à 1500 m d’altitude avec fenêtre panoramique sur la Meije, il savoure une quiétude préservée. Ici l’atmosphère villageoise prime.

Le pic Blanc. Une majestueuse pyramide géante dont la pointe flirte avec les 3330 mètres. C’est le sommet du domaine skiable des Grandes Rousses. Un imposant téléphérique vous y transporte en un rien de temps. Là-haut, la dimension scénique des lieux saute aux yeux : 360 degrés d’un décor en Cinémascope qui court du pic de l’Etendard au nord à la Meije, au sud-est ; des aiguilles d’Arves, à l’est, à la chaîne de Belledonne, à l’ouest.

Le regard porte même bien au-delà, jusqu’au mont Blanc, jusqu’au mont Viso, jusqu’à la Chartreuse et au Vercors, jusqu’au mont Ventoux parfois !

D’ici, le spectateur prend aussi la mesure de cet immense espace aménagé qui se déploie et ondoie sous ses pieds, de barrière rocheuse en plateau et mamelon. Un territoire parfaitement exposé et largement ensoleillé. Le slogan « l’île au soleil » n’est pas usurpé, entièrement dédié aux sports d’hiver, avec son arsenal de remontées mécaniques modernes, de pen, véritable ville à la montagne, et ses satellites : Auris, Vaujany, Oz et … Villard-Reculas.

Voici le cadre privilégié auquel accèdent, en un coup de télésiège, sans la cohue qui caractérise les grandes stations en vue, les vacanciers séjournant dans ce village typiquement montagnard où le chalet est le modèle d’habitat.

Il fut un temps où on vivait ici âprement la rigueur des hivers. Loin de tout. Nulle route d’accès durant la froide saison. Puis le temps arrivé où Villard fut enfin désenclavé, grâce à la construction de la route directe grimpant du fond de la vallée, côté Allemand. C’était en 1980.

Attendue comme le Messie, cette artère de goudron allait faire battre à nouveau le cœur d’un village à l’agonie. Mais Villard a su rester sourd résister à la pression des gros promoteurs immobiliers, privilégier le cadre de vie. Et les nouveaux chalets, qui ont peu à peu colonisé les pentes ensoleillées, ont dû respecter l’esthétique locale (pierre et bois) et préserver la vue panoramique. De quoi mériter le titre d’authentique station-village qui vit avec son temps, mais pas à n’importe quel prix.

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* ETHIOPIE

ETHIOPIE

POUR GAGNER LE SEL DU DESERT IL FAUT BRAVER LA FOURNAISE

Le sel est un produit rare, apprécié sur les marchés de la capitale, Addis-Abeba. Pour aller le chercher au cœur de la dépression Danakil, des caravanes accomplissent un voyage éprouvant dans des conditions extrêmes. Sur place, les mineurs endurent des chaleurs parmi les plus élevées du monde.

La température atteint plus de 60° au fond de la dépression Danakil. Sans eau ni végétation, les dromadaires ne peuvent y séjourner longtemps. Les caravanes se déplacent le plus possible au coucher du soleil.

 

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Dans les mines à ciel ouvert, les ouvriers arrachent le sel et le taillent

Les ouvriers de l’ethnie autochtone afar décollent de lourds morceaux de sel avec deux pieux en bois glissés dans les interstices du sol. D’autres travailleurs façonnent ensuite ces blocs en briquettes de 25 ou de 10 kilos. Ils doivent en une matinée préparer plusieurs tonnes de sel, avant l’arrivée des caravanes qui viendront le chercher.

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Les plaques sont soigneusement équilibrées pour ne pas ralentir la marche du retour

Des centaines de dromadaires récupèrent les plaques de sel taillées près du lac Assale. Les caravaniers les amènent juste à temps pour le chargement, afin d’éviter une trop longue attente au soleil. Résistants, ces animaux peuvent porter chacun jusqu’à 240 kgs. Mais ils sont aussi fragiles et doivent être débâtés à chaque halte.

 

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De bivouac en bivouac, la lente remontée vers la route d’Addis-Abeba commence

Du fond de la dépression (à moins 116 mètres sous le niveau de la mer), jusqu’à la route de Mak’ale – Addis-Abeba, sur les hauts plateaux (à plus de 2000 m d’altitude), la lente remontée s’effectue à travers des canyons surchauffés où stagnent parfois les eaux saumâtres d’un oued. Au bivouac, les chameliers font cuire du pain et préparent du thé parfumé à la cannelle. Un moment de détente que les animaux savourent en broutant quelques bottes de foin apportées dans les bagages.

Sur les marchés de la capitale, ces barres de 50 centimètres sur 25 servaient autrefois, sous le nom de sel « amolé » de monnaie d’échange sur les hauts plateaux d’Ethiopie. Leur valeur augmentait au fur et à mesure que l’on s’éloignait des lieux de production et seul le mil leur faisait concurrence.

 

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Sur les rives, la croûte atteint 2000 mètres d’épaisseur

Longue de 185 km sur 65 de large, la dépression Danakil, aussi appelée Triangle de l’Afar, est née de la fracture de l’écorce terrestre dans la Rift Valley africaine. Les deux bords de la faille, constitués par les hauts plateaux éthiopiens et les alpes Danakil, s’écartent toujours d’est en ouest à la vitesse moyenne de 1,9 cm par an. Au centre, le plancher de la dépression (beaucoup plus bas que le niveau de la mer et formé par des laves volcaniques jaillissant des fissures qui balafrent le rift) continue parallèlement à s’enfoncer. C’est ce que l’on nomme une zone d’accrétion. Toujours basses, ces zones se situent d’ordinaire au fond des océans. Dans le cas de la dépression Danakil, les eaux de la mer Rouge voisine ne peuvent s’y engouffrer car les laves du volcan Alid, au nord du rift, leur font barrage. Mais les dépôts de sel témoignent des inondations passées.

 

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* ISTANBUL (Turquie) – mon voyage en 1995

Au confluent de l’Europe et de l’Asie, à la découverte d’une Istanbul ottomane et chrétienne, des derviches tourneurs et des écoliers turcs, des quartiers de la Corne d’Or et des caravansérails. Une cité dont l’histoire pétrie de tolérance doit affronter les bouleversements des modes de vie, de la politique et de la religion. Entre yalis et Grand Bazar, Bosphore et rive asiatique.

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Basilique depuis le Vie siècle, puis mosquée au XVe, Sainte-Sophie défie le temps et les éléments dans le ciel d’Istanbul. Dédiée à la sagesse divine, Haghia Sophia, elle a survécu après sa construction à deux tremblements de terre, Sainte-Sophie est un musée depuis 1934. Son esplanade est à la mesure de la gloire de Byzance.

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La république laïque d’Atatürk a occulté pendant des décennies le patrimoine ottoman. Les Instanbuliotes le redécouvrent. Les objets authentiques de l’héritage ont la cote chez les antiquaires. Ou, à défaut, leurs copies. Ainsi l’art de la calligraphie impériale. Chaque sultan se désignait par les ornements de sa signature. Les originaux se faisant rares, des artisans les imitent.

On rencontre encore dans les quartiers de la vieille ville des femmes voilées à l’ancienne. Elles passent dans les décors modernes comme des survivantes de l’époque de la capitale impériale.

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Istanbul est le siège du patriarcat de l’église orthodoxe. Quinze églises de ce rite sont réparties dans la ville. Un garde veille à la porte de Dolmabahçe, palais des derniers sultans. Ce nom veut dire « le jardin comblé » ; il fut construit au milieu du XIXe siècle en remblayant un port du Bosphore.

Dans les rues qui mènent à la Corne d’or, livreurs et porteurs s’affairent à toute heure. Parmi les métiers qui survivent, celui de vendeur d’eau. La grande aiguière servait au temps des Ottomans à distribuer le sira, une boisson à base de fruits.

 

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Istanbul la laïque s’est dotée de cinq cent soixante-cinq mosquées dans son histoire. Parmi elles, une centaine de joyaux historiques. L’une des plus visitées est la mosquée Bleue (pour la couleur de ses faïences) ou mosquée du sultan Ahmet. Filtrée par les copies médiocres qui ont remplacé les vitraux datant du XVIIe siècle, la lumière trop crue jaillit des deux cent soixante fenêtres.

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Les « hans » sont les anciens caravansérails de la vieille ville. Le Grand Bazar est devenu un atelier d’art. On y restaure les tapis et les kilims précieux. Tout autour, dans des galeries couvertes, mille huit cent commerces, dont cinq cents bijoutiers, attirent une foule du monde entier. Les ruelles portent le nom des corporations autrefois regroupées par spécialité.

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Jadis le palais de Topkapi était une cité interdite au commun des mortels

Topkapi, le palais des sultans, à la pointe de la Corne d’Or, s’étend à l’emplacement d’une antique oliveraie plantée là où le Bosphore se jette dans la mer. Au fond, la rive européenne. Ce lieu est une ville dans la ville, avec ses portes, ses quartiers, ses cinq cours. Ce fut la résidence des pachas du milieu du XVe siècle au milieu du XIXe. Mustafa Kemal, en fondant la république en 1924, la transforma en musée. Le harem aux toits moutonnants s’ouvre dans la seconde cour. Construit en 1588, il a été presque détruit par un incendie et rebâti ultérieurement. Aujourd’hui, on peut accéder à l’ancien quartier des eunuques, puis à celui des femmes, véritable dédale de chambres.

 

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La ronde des derviches tourneurs transcende tous les conflits religieux et politiques

Fondé par Mevlana au XIIIe siècle, l’ordre soufi de Mevlevi, connu sous le nom de derviches tourneurs, n’a plus que deux confréries, l’une à Konya, l’autre à Istanbul. Ses membres utilisant la danse pour communier avec leur fondateur et la conscience de Dieu. Le derviche pivote sur la pointe des deux premiers orteils du pied droit pendant une heure, la danse rituelle se mouvant en demi-cercle et en deux temps. Le premier incarne la création (arc descendant procédant de Dieu). Le second traduit, lorsque le danseur tourne dans l’autre sens, l’arc ascendant conduisant à la communion spirituelle. L’islam orthodoxe ne prise guère les mevlevis qui croient à une certaine forme de réincarnation.

 

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Le pont du Bosphore permet de passer du continent européen au continent asiatique

En une superbe enjambée, le pont routier Bogaziçi Köprüsü, très souvent embouteillé, a été le premier à franchir le fleuve pour aller d’Europe en Asie. D’une portée de plus de 1 kilomètre, à 64 mètres au-dessus de l’eau, il a été construit par les Anglais et inauguré en 1973. Il est au sixième rang mondial des ponts suspendus. Près de l’embarcadère des ferries, à Ortaköy, s’élève Mecidiye Camii, mosquée du XIXe siècle. Symbole de tolérance, elle fait bon voisinage avec une synagogue et une église orthodoxe.

 

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Dans les quartiers modestes de la Corne d’Or, se loger reste un luxe pour les nouveaux venus

Les quartiers pauvres de la vieille ville sont convoités par les paysans anatoliens sitôt débarqués à Istanbul. Au croisement des rues, des marchands ambulants de sucreries et de bimbeloterie attirent des enfants qui tournent autour des petits chariots et appellent leur mère dans l’espoir qu’elle finira par ouvrir sa fenêtre pour leur jeter la pièce.

 

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Sur la rive asiatique, de petites baies dissimulent les résidences d’été des vieilles familles stambouliotes

Le village de Kanlica, qui se situe au milieu du Bosphore, incarne toute la douceur de vivre à laquelle aspiraient, l’été venu, les membres de la cour du sultan. Les vieilles maisons en bois ont presque toutes disparu, mais les riches commerçants d’Istanbul les ont remplacées par de coquettes demeures construites au ras des flots et au pied des collines boisées.

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Sur le Bosphore navigue la mémoire d’Istanbul

Reliant deux mers, frontière entre deux continents, le Bosphore a toujours été vital. Sur ses rives, se lit l’histoire des Stambouliotes qui lui vouent un culte émouvant.

La première ville de Turquie doit son destin à sa position stratégique. Aujourd’hui encore, Istanbul tient tête à Ankara qui lui a ravi son titre de capitale de l’Etat.

La position d’Istanbul entre deux mers permit aux Ottomans de devenir une grande puissance maritime. Elle fut également un point de passage pour les européens vers la route de la soie et la route des épices.

 

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* MONACO

MONACO UN ROCHER PUR LUXE EN MEDITERRANEE

 

La principauté de Monaco n’a pas usurpé sa réputation de glamour. Si son climat méditerranéen et fiscal particulièrement doux attire les beautiful people, le Rocher reste avant tout un site unique et de toute beauté.

 

Bling bling

A Monaco, le bling bling est érigé au rang d’art de vivre. Pour s’en convaincre, il suffit de compter les bolides rutilants et d’admirer l’élégance des femmes qui font leur shopping dans les enseignes de grand luxe. Monaco est aussi l’endroit idéal pour observer les people, de préférence depuis la terrasse du célèbre Café de Paris.

Ce petit paradis fiscal abrite un nombre record d’athlètes de haut niveau, d’hommes d’affaires et de célébrités de toutes nationalités. La fortune est, en effet, une condition sine qua non pour s’installer ici. Le prix d’un studio de 30 m2 est d’un million d’euros au moins.

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Un Etat de poche

Depuis Nice, on rejoint Monaco en à peine trente minutes de route, et quelle route ! La célèbre corniche permet d’englober d’un regard la principauté. Le quartier historique, Monaco-ville, s’élève sur un impressionnant rocher, qui semble tout droit sorti des flots. On reconnaît de loin le palais princier et la cathédrale. Pendant les mois d’été, le palais est ouvert au public. La relève de la garde a lieu chaque jour à midi moins cinq précisément. Avec une surface de 2 km2, Monaco est un Etat de poche. On le parcourt à pied sans peine, de la vieille ville à Monte Carlo.

 

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Les joies de Monte Carlo

Très différent mais non moins impressionnant, voilà Monte Carlo. Cette nouvelle partie de la ville commence autour du port, où les yachts de la jetset mouillent en rangs serrés. Le lèche-vitrines compte aussi au nombre des plaisirs locaux. Les plus belles boutiques sont regroupées sur l’avenue des Beaux Arts : Chanel, Christian Dior et Louis Vuitton entre autres. C’est également ici que se trouve la meilleure table de la Côte d’Azur, le Louis XV à l’Hôtel de Paris. La cave compte 250.000 flacons, ce qui en fait la plus fournie au monde.

Autre pôle d’attraction incontournable, le Casino de Monte Carlo. L’élégante bâtisse immaculée se voit de loin. Devant la porte, le voiturier en livrée gare les Rolls-Royce des amateurs de tapis vert.

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Un immense aquarium

Le Musée océanographique vaut le détour. Ne serait-ce que pour sa situation exceptionnelle, en surplomb de la Méditerranée. Un immense aquarium orné d’un récif corallien de 7,5 m de long, accueille une foule de poissons tropicaux aux couleurs toutes plus éblouissantes les unes que les autres. Dans la salle des baleines, d’énormes squelettes dominent l’espace et on peut observer des embryons de baleineaux dans du formol.

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Courir le Grand Prix

Il se passe toujours quelque chose à Monaco. On ne présente plus le Grand Prix de Formule 1 qui a lieu dans les rues de la ville, chaque année au printemps. Ce grand moment de sport automobile se court depuis 1911, en présence des Grimaldi qui guettent le vainqueur du haut de la tribune princière, face à l’arrivée.

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* LA SOURCE DE LA LOUE (France)

Au nord de Fontarlier, le Jura est constitué de vastes plateaux karstiques, dans lesquels se forment de nombreux cours d’eau. Au fond d’un cirque aux falaises impressionnantes, la Loue, réputée pour ses truites, surgit mystérieusement d’une grotte sombre. Déversant ses eaux claires du haut de paliers successifs, ce petit affluent du Doubs se donne, sur son cours supérieur, des airs de cascade.

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Au cœur d’une végétation luxuriante, qui couvre d’arbres et de mousses les pans abrupts d’une gorge silencieuse, le murmure de l’eau vive se fait soudain entendre. C’st la Loue, dont l’eau jaillit, fraîche et mystérieuse, d’un creux secret de la montagne. Ce royaume où règnent en maître l’eau et les bois constituent un cadre enchanteur que Gustave Courbet, natif d’Ornans, a représenté plusieurs fois dans ces tableaux. Et la légende raconte que le Vouivre, femme-serpent mythique, avait non loin de là des habitudes étranges …

 

La grotte de la Loue

C’est aux environs du village d’Ouhans, au fond d’un cirque calcaire, que court la Loue. Elle jaillit d’une grotte sombre, dont le porche s’élève à plus de 20 mètres. Bientôt son lit traverse cascades et gorges profondes avant d’emprunter, d’Ouhans à Ornans, un canyon d’une grande beauté. Ce sont les gorges sinueuses de Nouailles, hautes de 350 m.

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Une naissance mystérieuse

Comme beaucoup des cours d’eau de la région, la rivière s’est en réalité formée en amont, dans une galerie souterraine. Car la Loue n’est en fait qu’une résurgence alimentée par les pertes du Doubs et du Drugeon, quelque part vers Pontarlier. C’est l’inventeur du mot « spéléologie » qui en fit la preuve, au début du 19e siècle, en déversant un colorant dans une crevasse du lit du Doubs. Moins de trois jours plus tard, la Loue était verte à son tour ; les deux rivières communiquaient donc bien avant que leurs cours ne se croisent aux environs de Dole.

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Un parcours tumultueux

De la source à Ornans, soit sur 25 km, la rivière perd plus de 230 m d’altitude. Elle poursuit son cours à travers des forêts de tilleul, d’érable et de hêtre qui couvrent les à-plats des versants. Une dizaine de déversoirs émaillent sa descente rapide. A Ornans, son cours s’assagit ; une centaine de km plus bas, elle rejoint enfin le Doubs.

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Un milieu très riche

Sur les premiers km du cours de la Loue alternent prairies sauvages et forêts. La diversité de ces milieux végétaux a permis le développement d’une faune locale très riche. Insectes et reptiles abondent dans les sous-bois tandis que les vallées herbeuses sont le domaine des papillons. La gélinotte, la pie grièche, l’alouette lulu ou la bondrée apivore peuplent les prairies tandis que le faucon pèlerin est l’hôte remarqué des falaises, où il nidifie. De nombreuses chauves-souris hibernent et se reproduisent dans les grottes.

 

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* ABOU DHABI (Emirats)

ABOU DHABI, la perle des Emirats

De la terre nomade à l’Etat pétrolier à la pointe de la technologie, l’émirat désertique d’Abou Dhabi est le pays de tous les émerveillements. Gratte-ciel futuristes bordant le Golfe persique, oasis de verdure, musées gigantesques…

D’une beauté majestueuse, les oryx arpentent une île hérissée de trois millions d’arbres. Avec leurs longs bois, leur pelage clair comme le sable du désert et leurs yeux cernés de khöl, ils sont les vedettes du parc naturel de Sir Bani Yas, un îlot grand comme un confetti perdu au milieu du Golfe persique.

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L’îlot abrite aussi l’hôtel de luxe Desert Island, des vestiges de civilisations anciennes, des arbres qui ont pris racine sur des étendues salines que tout le monde pensait stériles.

L’ancien territoire bédouin entend développer un art de vivre multi-facettes. La capitale Abou Dhabi opère une mue constante. La baie se présente comme un kaléidoscope mêlant science-fiction et contes des Mille et une nuits. Les cabanes de pêcheurs encore omniprésentes voici cinquante ans font place à des projets gigantesques. Entre l’Emirates Palace Hotel, le port de pêche où mouillent les dhows (embarcations traditionnelles à voile) et les restaurants à air conditionné, s’étend la Corniche avec ses gratte-ciel, ses shopping centers et son souk.

 

Le père de la gazelle

Le port de plaisance grand luxe côtoie le circuit de F1 et la mosquée Zayed tout en marbre clair, moucharabiehs et raffinement arabe. Abou Dhabi (littéralement « Père de la gazelle »), bluffe son monde, tout en visant toujours plus haut. C’est ici que sort de terre Masdar City, la première ville sans CO, avec ses éoliennes et ses panneaux solaires.

 

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La ville en habits d’or

Abou Dhabi compte de nombreux parcs ombragés et plus encore de mosquées. La coupole dorée de l’Emirates Palace s’élève comme une prière adressée à Allah. Ce 7 étoiles accueille dans ses suites tout ce que la planète compte de chefs d’Etat, de personnalités des Emirats, de stars du cinéma et de touristes fortunés. Ici, tout ce qui brille est 24 carats.

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Des collines fertiles

Le désert étire ses dégradés de jaune, d’ocre et d’orange et, à la frontière avec Oman, on découvre Al Ain (la source), une oasis, avec ses parcs, ses palmiers, ses plantations et ses vergers. Les collines fertiles abritant un étonnant site archéologique sont pour les habitants d’Abou Dhabi ce que la mer est pour nous en été : une destination rafraîchissante.

Des forteresses datant de guerres passées encadrent la ville. L’une est devenue un musée, tapi entre palmiers et mosquées. Dans le quartier de Buraimi se tient le plus grand marché aux dromadaires, rappelant la passé bédouin du pays. Un sentier escarpé serpente jusqu’à Jebel Haffet, le plus haut sommet de l’émirat.

 

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* LE MASSIF DU MORVAN (France)

Un pays rude au charme mystérieux

Prolongement du nord-est du Massif central, le Morvan est un pays de montagnes âpres d’altitude moyenne. Créé en 1970, un parc naturel régional, qui chevauche quatre départements (l’Yonne, la Côte-d’Or, la Nièvre, la Saône-et-Loire), protège ces terres splendides au patrimoine varié. Avallon, Vézelay, Autun, ou encore Château-Chinon, sont quelques-unes des 94 villes que compte le parc.

le massif du morvan

Au sud des plaines d’Ile-de-France, au cœur d’une Bourgogne doucement vallonnée, le massif du Morvan s’offre des allures de petites montagnes. Avec ses milliers d’hectares de forêts, le massif recèle de nombreux paysages ; les vallons verts, dorés par les blés durant l’été, dominent au Nord, laissant la place vers le sud à des reliefs plus élevés, entaillés de vallées profondes où s’épanouissent prairies et tourbières.

 

Un relief de petite montagne

Au sud d’Avallon, la grande faille de Bazoches permet de cerner d’un regard le contraste entre les plaines sédimentaires du Bassin parisien et le massif granitique du Morvan, ancien prolongement du Massif central qui s’est fracturé à la fin de l’ère tertiaire lors de la surrection des Alpes. L’altitude moyenne y reste cependant modeste, puisque le Haut-Folin ne culmine qu’à 901 m, suivi de près par le mont Preneley et le mont Beuvray. Pourtant, les pentes abruptes, les vallées encaissées et les failles profondes donnent la sensation de se trouver en haute-montagne. Impression que confirme une moyenne de 100 jours annuels de gel qui couvrent les paysages d’un magnifique manteau blanc.

 

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Une végétation contrastée

Subissant à la fois l’influence atlantique et montagnarde, la végétation offre des contrastes saisissants. Sur le massif du Haut-Folin, les futaies de résineux dominent. Les feuillus montagnards, tels l’érable sycomore ou l’orme, y prospèrent également. Ils sont fréquentés par d’innombrables oiseaux comme la bondrée apivore ou la chouette de Tengmalm, fille des forêts nordiques à la livrée floconneuse. Les vallons humides se couvrent au printemps de vertes prairies tandis que les tourbières abritent des espèces boréales rares, telle la canneberge.

 

le massif du morvan

Des forêts luxuriantes

A l’origine, le Morvan était presque intégralement couvert de forêts où dominaient chênes et hêtres. La déforestation a fait son œuvre, notamment pour fournir en bois de chauffage la population parisienne, mais la forêt se renouvelle et demeure omniprésente. Depuis 1871, la forêt de Saint-Prix fait l’objet d’un enrésinement intensif, faisant du Morvan un vaste arboretum de conifère qui fournit sapins de Noël et bois d’œuvre.

 

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* LA HAUTE VALLEE DU DOUBS (France)

Un cours sinueux dans un univers tourmenté.

De la source du Doubs à sa confluence avec la Saône, il n’y a que 90 km à vol d’oiseau. Néanmoins, cet important cours d’eau se fraye un chemin de 430 km dans le Jura, changeant plusieurs fois de cap. Entre Mouthe et Morteau, son cours supérieur, le Haut Doubs, trace ses méandres en plein cœur du massif du Jura et y égraine ses cascades.

Toutes les rivières jurassiennes présentent des gorges, des défilés et des chutes ; en effet le relief du Jura impose à leurs cours les complications de ses plis montagneux. Approximativement orienté nord-est/sud-ouest, cette partie du Jura est un pays de moyenne montagne où les altitudes descendent toutefois rarement au-dessous de 800 m.

 

la haute vallée du doubs

 

Les surprises de l’eau vive

La source du Doubs surgit d’une grotte, près de Mouthe, en forêt de Noirmont. Le cours d’eau serpente jusqu’à Malbuisson au flanc du lac de Saint-Point, troisième lac naturel de France, entièrement livré aux glaces l’hiver. Tout au long de son parcours, le Doubs ne cesse de franchir de sombres forêts de résineux et collecte bon nombre de ruisseaux.

 

la haute vallée du doubs

 

La cluse de Pontarlier

Le Doubs traverse une cluse remarquable à Pontarlier, que surplombe l’impressionnant château de Joux. Plus à l’ouest, la forêt de la Joux est une extraordinaire sapinière. Après Pontarlier, le Doubs quitte le val d’Arlier pour parcourir une zone bien plus étroite. Le Doubs est une rivière extrêmement riche : on y dénombre plus de trente espèces de poissons.

 

la haute vallée du doubs

 

Le défilé d’entre-roche

Cet étroit passage constitue un couloir tranché dans d’impressionnantes rampes de calcaire. La roche y est creusée de cavités, formant notamment la grotte du Trésor et celle de Remonot. Le Doubs emprunte des gorges abruptes et verdoyantes jusqu’à Morteau. Puis il se rapproche de la frontière suisse dont il dessine les contours. Là, il se fond au long et tortueux lac de Chaillexon, puis s’en échappe brusquement, chutant d’une trentaine de mètres le long de roches moussues ; c’est le Saut du Doubs, et ses eaux sauvages, toujours blanches d’écume.

 

la haute vallée du doubs